Quand le stress scolaire rencontre le stress parental

Stress scolaire : le reconnaître, sans culpabiliser les parents Le stress scolaire n’est plus un phénomène marginal. Il touche aujourd’hui de nombreux enfants, adolescents et jeunes étudiants, parfois de façon visible, parfois de manière beaucoup plus silencieuse. Derrière les difficultés scolaires, les changements de comportement ou les oppositions répétées, se cache souvent une pression diffuse…


Stress scolaire : le reconnaître, sans culpabiliser les parents

Nawal CHIBOUT- Professeur Particulier et Coach Scolaire Certifié RNCP.

Le stress scolaire n’est plus un phénomène marginal. Il touche aujourd’hui de nombreux enfants, adolescents et jeunes étudiants, parfois de façon visible, parfois de manière beaucoup plus silencieuse. Derrière les difficultés scolaires, les changements de comportement ou les oppositions répétées, se cache souvent une pression diffuse mais constante, difficile à identifier et encore plus à nommer.

Des causes multiples, souvent entremêlées

Les facteurs déclencheurs et entreteneurs du stress scolaire sont nombreux. Pour certains enfants, il s’agit de classes surchargées dans lesquelles ils peinent à trouver leur place. Lorsqu’ils sont timides ou introvertis, la proximité permanente avec les autres et les modèles véhiculés par la société deviennent un terrain de comparaison qui fragilise leur confiance et leur estime d’eux-mêmes.

Pour d’autres, le poids des cours et les exigences parentales, plus ou moins élevées, viennent se heurter à leurs limites de résistance. Cela peut se manifester par un refus d’obtempérer, une opposition verbale ou physique, ou au contraire par un repli silencieux qui s’enracine au cœur d’une personnalité plus fragile. Ce stress, parfois accumulé en quantités considérables, finit par exploser, altérant leur équilibre et les plongeant dans une tension quasi quotidienne.

Un stress parfois évident… parfois invisible

Le stress scolaire est parfois facile à détecter. Certains enfants parviennent à verbaliser leur mal-être, et des parents attentifs peuvent l’identifier en comparant les comportements observés pendant les vacances à ceux de la période scolaire.

Mais chez d’autres enfants, il reste silencieux. Habitués à prendre sur eux, à donner le change, ils cherchent à correspondre à l’image qu’ils se font d’une personnalité forte. Parfois, ce stress se dissimule derrière une attitude opposante, donnant l’illusion de la solidité, comme un masque destiné à cacher des peurs profondes qu’ils n’osent même pas toujours s’avouer à eux-mêmes.

Le rôle parental : entre vigilance et pression

Aujourd’hui, le stress scolaire est largement reconnu par les professionnels, et par certains parents attentifs. Ce qui reste plus difficile à admettre, en revanche, c’est l’impact parfois profond de la pression parentale constante, exercée au nom d’une réussite scolaire valorisée tant sur le plan familial que sociétal.

Cette pression est souvent présentée comme un suivi attentif, de la rigueur ou un contrôle nécessaire. Pour certains enfants, il s’agit effectivement d’un accompagnement équilibré. Pour d’autres, elle peut se transformer en une véritable obstination à vouloir faire réussir l’enfant par tous les moyens, parfois au détriment de son bien-être psychologique, de celui des parents et de l’équilibre de toute la famille.

Un article de plus pour culpabiliser les parents ?

La question mérite d’être posée. Cet article pourrait être perçu comme une mise en cause supplémentaire des parents, venant souligner leurs supposées fautes éducatives. Pourtant, pour la grande majorité d’entre eux, ces attitudes ne relèvent ni d’actions préméditées ni d’une volonté consciente de nuire.

Elles sont bien souvent guidées par des peurs profondes, des mécanismes inconscients et des programmations personnelles, renforcés par les incertitudes politiques, économiques et sociales actuelles.

À cela s’ajoutent les dysfonctionnements du système scolaire, régulièrement dénoncés, ainsi que le sentiment d’impuissance de certains parents qui se sentent incapables d’accompagner eux-mêmes la scolarité de leurs enfants. Des moyens financiers parfois limités, ne permettant ni l’accès à des établissements réputés ni à des cours particuliers coûteux, nourrissent encore davantage l’angoisse d’un avenir perçu comme incertain.

Cette pression est souvent plus marquée chez des parents dont le parcours scolaire a été difficile. Ayant eux-mêmes subi un système économique et politique qu’ils estiment défavorable aux plus fragiles, les regrets liés à une scolarité vécue comme un échec peuvent persister et conduire, sans toujours en avoir conscience, à vouloir protéger leurs enfants de ce qu’ils ont eux-mêmes traversé.

Quand le doute parental s’installe

La diversité, et parfois la contradiction, des courants de pensée éducatifs fragilise de nombreux parents. S’installe alors un questionnement permanent :
Est-ce que je fais bien les choses ? Suis-je trop sévère ? Pas assez exigeant(e) ? Comment font les autres ? Les autres y arrivent-ils mieux que moi ? Pourquoi est-ce si difficile ?

Ce doute constant crée un terrain fertile pour la comparaison et la quête du parent idéal, celui que l’on pourrait devenir en suivant telle méthode plutôt qu’une autre, parfois opposée ou contradictoire. L’objectif, souvent inconscient, est de se rapprocher du modèle éducatif censé rendre l’enfant plus performant à l’école, afin de se rassurer soi-même et de se sentir légitime dans son rôle de parent.

Une expérience personnelle

Je l’ai vécu personnellement avec mon aîné. Ce doute permanent sur ma valeur de parent, cette impression de ne jamais faire « comme il faut », m’ont conduite à zigzaguer entre différents courants éducatifs, espérant à chaque fois trouver la bonne réponse. Avec le recul, je mesure combien cette instabilité intérieure ne l’a aidé ni scolairement ni comportementalement.

À l’époque, je manquais de confiance en moi. Je n’osais pas assumer pleinement ma fermeté et portais en moi ce besoin profond d’être aimée à tout prix par mes enfants. Sans en avoir conscience, j’ai souvent préféré éviter les conflits plutôt que de poser un cadre clair et sécurisant.

Mon aîné, doté d’un caractère affirmé et d’un désir d’indépendance très précoce, avait pourtant besoin de repères solides et d’un adulte sûr de lui pour s’y appuyer. Je n’ai pas su lui offrir cette sécurité-là. Aujourd’hui, grâce au recul et à mon expérience professionnelle auprès de parents confrontés aux mêmes difficultés, je comprends combien cette absence de stabilité a pu le désorienter et rendre plus difficile l’accueil de mes conseils et recommandations.

Pour conclure

Reconnaître le stress scolaire, c’est aussi accepter de regarder avec bienveillance le stress parental qui l’accompagne souvent. Il ne s’agit ni de pointer des coupables ni de désigner des erreurs, mais de mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre pour retrouver un cadre plus serein, à la fois pour les enfants et pour les parents.

Vous vous reconnaissez dans ce récit ? Vous vous demandez si votre enfant vit ce stress ou si votre façon de l’accompagner est la bonne ? Si vous voulez explorer ces questions avec un soutien adapté et bienveillant, je consulte pour la guidance parentale dans mon cabinet et en consultations à distance. Ensemble, il est possible de trouver des clés concrètes pour apaiser le stress et renforcer la confiance au sein de la famille.

Parce qu’un enfant rassuré commence souvent par un parent qui l’est un peu plus aussi.

Nawal CHIBOUT- Professeur Particulier et Coach Scolaire Certifié RNCP.


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